Clermont Citygroup

Clermont Citygroup is a french local PES group of activist. It promotes progressive european policies to a local level.

Cercle de silence à Lyon.

Cercle de silence à Lyon.

Point sur la situation Hongroise et Manifestation

Pourquoi le Citygroup de Clermont appelle à la tenue d’un cercle de silence devant le consulat de Hongrie le samedi 28 janvier à 11h30 à Lyon ? (Rejoindre l’événement Facebook en cliquant ici)

Pour la première fois depuis la création de l’Union Europeenne, l’action menée par le gouvernement de l’un des Etats membres constitue une sérieuse menace contre la démocratie dans son pays. Depuis son arrivée au poste de premier ministre hongrois suite à la victoire de son parti, le Fidesz, lors des élections législatives de 2010, Victor Orban n’a cessé de faire voter des mesures inquiétantes tout en adoptant un comportement populiste laissant craindre une forte dérive autoritaire. Si certains en Europe s’en étaient déjà émus, beaucoup avaient préféré garder le silence, estimant que le gouvernement Orban n’avait toujours pas franchi le Rubicon. Victor Orban est donc allé plus loin en faisant graver dans le marbre constitutionnel un certain nombre de règles qui sont totalement inacceptables pour toute démocratie digne de ce nom. Par solidarité envers le peuple hongrois, envers nos camarades du MZSP mais également parce que nous devons nous sentir concernés en tant que citoyens européens, il est impératif que l’ensemble des progressistes du continent se mobilisent afin de faire pression sur le gouvernement Orban mais également sur les divers instances européennes dans le but que ces dernières prennent contre Victor Orban les sanctions qui s’imposent.


Certains comparent la situation hongroise avec celle de l’Autriche au moment de l’entrée du FPO dans un gouvernement dirigé par l’OVP en 2000. Ces personnes ont sous évalué la gravité de la situation. En 2000, les protestations – légitimes - portaient sur la simple présence d’un parti extrémiste au sein d’une coalition dirigeante ; en Hongrie, nous parlons de mesures concrètes, de mesures qui de par leur nature constitutionnelle ont vocation à changer pour le pire la Hongrie de manière quasi irréversible en liant les mains de toute future majorité alternative éventuelle, alternance de surcroît rendue difficile par la réforme électorale votée par le Fidesz.

Et contrairement à ce qui se passait en 2000, ce ne sont pas les amis de M. Le Pen qui posent problème mais ceux de M. Sarkozy ou de Mme Merkel : c’est un parti membre du PPE qui met en péril la démocratie et cela sans la moindre sanction de la part du groupe majoritaire au Parlement Europeen qui, de surcroît, est au pouvoir dans près des 2/3 des pays de l’Union. Le couple Merkozy, habituellement si prompt à dénoncer et à jeter l’anathème, est étrangement silencieux en ce qui concerne leur « camarade » Victor Orban.


Mais entrons maintenant dans le détail et voyons quels sont, concrètement, les aspects les plus dangereux de cette nouvelle constitution hongroise :

  • L’appellation « République de Hongrie » disparaît au profit d’une simple référence à la seule « Hongrie ». C’est loin d’être un point de détail purement symbolique puisque cette formulation ouvre la voie à un possible changement de régime, la forme républicaine de gouvernement n’étant plus un principe constitutionnel.
  • Le préambule fait explicitement référence à Dieu ainsi qu’à la « Sainte Eglise » comme fondements de la nation hongroise ce qui est discriminatoire à l’encontre des citoyens hongrois non catholiques. A noter d’ailleurs que le nombre de communautés religieuses pouvant bénéficier de subventions publiques sera fortement réduit entraînant des inégalités de traitement entre les différentes religions présentes sur le sol hongrois.
  • La Constitution rend le MZSP (parti social-démocrate hongrois) responsable des crimes communistes et nos camarades sont considérés comme étant membres d’une « organisation criminelle ». C’est sans doute la mesure la plus grave puisqu’elle criminalise dans les textes la principale opposition à Victor Orban et rend théoriquement possible une éventuelle interdiction. Le Fidesz s’en prend à un parti social démocrate qui n’a bien sur rien à voir avec la doctrine stalinienne mais le parti d’extreme droite Jobbik, qui fait souvent référence au passé fasciste de la Hongrie des années 30, semble ne lui poser aucun problème.
  • Le droit de vote est reconnu aux hongrois vivant à l’étranger quand bien même ces derniers ne posséderaient pas la nationalité hongroise. Ce principe, qui peut sembler humaniste à la première lecture, a en fait pour objectif de servir les intérêts nationalistes les plus nauséabonds. Couplé avec la disparition de la référence à la « république de Hongrie », il permet de cerner le véritable dessein de Victor Orban : à ses yeux, l’identité hongroise repose sur des principes ethniques, celle d’une grande Hongrie qui engloberait les minorités hongroises vivant en Roumanie, en Slovaquie ou encore en Croatie. On le voit : le Fidesz met ainsi en péril un équilibre datant de près d’un siècle ce qui pourrait être source de tensions que l’on peut aisément imaginer.
  • La Constitution déclare que le mariage ne peut avoir lieu qu’entre un homme et une femme, excluant ainsi toute possibilité de mariage homosexuel dans le futur et elle décrète que l’embryon est un être vivant dès sa conception ce qui risque de remettre en cause le droit des femmes à choisir.
  • Le mandat des hauts fonctionnaires est porté à 12 années. Dans le cas où une nouvelle majorité remporterait les prochaines élections, son travail serait donc fortement entravé par un appareil d’Etat dans lequel Victor Orban aura placé ses hommes clefs. Ici encore le véritable objectif est de rendre toute alternance politiquement invivable pour la gauche.
  • L’indépendance de la Banque Centrale est gravement mise en péril puisque le Premier Ministre en nommera les adjoints (en lieu et place du président) et que les principaux membres seront désignés par le Parlement. 
  • Les choix fiscaux extrêmement conservateurs du président Orban à savoir une flat tax à 16% ainsi qu’une TVA à 27% ont désormais valeur de principe constitutionnel. Ce qui interdit à tout futur gouvernement de gauche de pratiquer une politique fiscale progressiste sauf à amender la Constitution. 
  • Les médias publics audiovisuels sont supervisés par un conseil des médias dirigé par un fidèle de Victor Orban qui a pour attribution de vérifier si les programmes sont politiquement équilibrés et objectifs. Autant dire que la liberté audiovisuelle est fortement menacée.
  • Les sans abris risquent la prison de par leur simple statut de sans domicile fixe : en Hongrie on pourra donc aller en prison sans avoir commis de crimes ou de délits mais simplement parce qu’on manque de moyens pour s’offrir un logement.
  • Les mesures anti discriminatoires en faveur des minorités sexuelles ont été supprimés dans la nouvelle constitution.
  • Un organisme nommé par le gouvernement sera chargé de vérifier la bonne tenue des élections
  • Le gouvernement peut décider de confier telle affaire à tel juge ce qui, évidemment, va à l’encontre de la séparation des pouvoirs entre l’exécutif et le judiciaire.
  • Enfin les pouvoirs de la Cour Constitutionnelle de Hongrie sont très fortement réduits.


La nouvelle Constitution hongroise est donc indigne d’un état membre de l’Union Europeenne dont la valeur principale, si il ne fallait en retenir qu’une, a toujours été la défense de la démocratie. Nous devons réagir avec force et il en va de la crédibilité de l’UE. A ce titre, on ne peut que se féliciter de la réaction de la Commission Européenne qui a sommé Orban d’amender rapidement sa nouvelle constitution. Néanmoins , il faut aller beaucoup plus loin : le PSE ainsi que le groupe des socialistes et démocrates au Parlement Europeen proposent d’envisager une éventuelle application de l’article 7 du traité de l’UE qui prévoit des sanctions pouvant aller jusqu’à la privation du droit de vote au Conseil à l’encontre d’un pays qui violerait gravement les principes fondamentaux de l’UE tels que la démocratie, les droits de l’homme et le respect des libertés fondamentales.

D’autre part, il semble impératif que le PPE prenne position et se pose la question de savoir si ils veulent continuer à siéger aux cotés du Fidesz. Ce sont nos adversaires et nous avons de profondes divergences quand aux politiques à mettre en œuvre mais au niveau du respect de la démocratie, nous sommes censés partager les mêmes valeurs. Par conséquent, nous devons exiger de leur part une suspension de ce parti : il est intolérable que Orban continue à exercer le rôle de vice président du groupe PPE. Le PPE doit démontrer par des actes son attachement à la démocratie ou eux aussi deviendront alors comptables des actions de Victor Orban.

Mais au-delà du seul aspect institutionnel, il fait que les militants du PSE mobilisent l’ensemble des progressistes dans chaque pays à organiser des manifestations contre le gouvernement Orban. Montrons que partout sur le continent nous sommes solidaires de ceux qui, en Hongrie, croient encore en la démocratie et en la liberté.

C’est pourquoi le Citygroup de Clermont appelle à la tenue d’un cercle de silence devant le centre Europe Direct Rhone-Alpes Lyon le samedi 28 janvier à 11h30 à Lyon (Rejoindre l’événement Facebook en cliquant ici)

La bataille du budget européen a commencé (via www.euractiv.fr) http://ow.ly/5tGd3www.euractiv.fr) http://ow.ly/5tGd3 #TaxeTobin #PAC

Les Européens en faveur du principe d’une taxation des transactions financières http://ow.ly/5r1wN

Les députés estiment que la France va rater sa cible budgétaire (via www.EurActiv.fr) http://ow.ly/5oPTawww.EurActiv.fr) http://ow.ly/5oPTa

Signez l’appel “Changeons l’Europe” des Socialistes ET des Verts du Parlement européen http://ow.ly/5nxuq

“pas plus de différence entre la Grèce et l’Allemagne qu’entre le Michigan et le New Jersey” http://ow.ly/5lBdv (via @quatremer)

“Pour l’ONU, #HADOPI est une violation des lois internationales” via @pressecitron http://ow.ly/5b47O

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